Le Gabon ouvre un nouveau chantier institutionnel. À Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a lancé lundi un séminaire consacré à la simplification de l’architecture de l’État. En toile de fond, une ambition : adapter le fonctionnement de l’administration aux exigences de la Ve République et aux attentes des citoyens.
Cette rencontre organisée au Palais des congrès par le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions, s’inscrit dans le cadre de la circulaire présidentielle du 8 mai 2025. Jusqu’au 6 octobre, les participants doivent examiner les failles de l’organisation actuelle et dégager des solutions directement applicables.
Car derrière la complexité des structures se pose une question plus concrète : celle de l’efficacité de l’action publique. Compétences qui se recoupent, responsabilités dispersées, procédures trop longues : autant de mécanismes susceptibles de ralentir la décision et de brouiller les responsabilités.
Dès lors, la réforme entend agir sur les mécanismes qui structurent l’État. Elle prévoit une répartition plus nette des compétences, la suppression des chevauchements et un raccourcissement des circuits administratifs. L’enjeu est également de renforcer la sécurité juridique et la coordination entre les différents niveaux de décision.
Cette nouvelle organisation devrait s’articuler autour de trois fonctions essentielles : définir les orientations stratégiques, assurer une véritable coordination gouvernementale et garantir une exécution suivie d’une obligation de rendre compte. Autrement dit, il s’agit de mieux relier la décision à l’action et l’action au résultat.
Pour Hermann Immongault, cette transformation ne peut se limiter à une réorganisation technique. Elle doit permettre de construire une administration plus compréhensible, plus performante et davantage tournée vers le citoyen. Le vice-président du gouvernement y voit la traduction institutionnelle d’une vision fondée sur la clarté des responsabilités, la cohérence des pouvoirs et la sécurité juridique.
Dans le même esprit, le ministre de la Réforme, François Ndong Obiang, entend faire du séminaire un espace où les propositions doivent rapidement céder la place aux décisions. Les échanges devront ainsi nourrir une dynamique collective capable de produire des changements mesurables.
La suite donnera sa véritable portée à cette démarche. Les travaux doivent déboucher sur des feuilles de route précises, accompagnées de priorités et d’un calendrier réaliste. Au-delà des textes et des organigrammes, le véritable test sera celui de l’usager : une administration plus accessible, des décisions moins lentes et une action publique davantage lisible.
La réforme de l’État entre ainsi dans sa phase opérationnelle. Pour la Ve République, l’enjeu n’est plus seulement de redessiner les structures, mais de faire en sorte que chaque rouage serve plus efficacement une même finalité : un État qui décide mieux pour agir mieux.
Ethan De Sillon
