Pollution plastique : le Gabon change de méthode

Face à l’urgence plastique, le Gabon change de méthode. Le pays ne veut plus disperser ses efforts entre réglementation, collecte, traitement des déchets et initiatives isolées. Avec le lancement, ce 6 octobre à Libreville, de la Plateforme nationale d’action contre les plastiques (NPAP-Gabon), les autorités misent désormais sur une stratégie commune, capable de relier décision publique, innovation et investissements.

L’enjeu est de taille. Chaque acteur agit encore dans son périmètre. La nouvelle plateforme entend précisément rapprocher ces interventions pour construire une réponse nationale plus cohérente. L’objectif est de réduire la pollution plastique tout en faisant émerger une véritable économie circulaire.

Portée par la Direction générale de l’Environnement et de la Protection de la Nature (DGEPN), avec l’appui du Partenariat mondial pour l’action contre les plastiques (GPAP) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la NPAP-Gabon réunira administrations, entreprises, chercheurs, universités, société civile et partenaires financiers.

Le changement de cap est surtout stratégique. Il ne s’agit plus seulement de traiter les déchets après leur production. La démarche vise à agir sur l’ensemble de leur cycle de vie, à stimuler leur valorisation et à créer les conditions d’un marché structuré autour de l’économie circulaire.

Dans cette perspective, une feuille de route nationale doit fixer les principales priorités. La première année sera particulièrement décisive. La plateforme devra identifier les réformes réglementaires, les besoins de financement et les leviers opérationnels susceptibles d’accélérer la transformation du secteur.

Les échanges prévus à Libreville permettront de préciser cette ambition. Trois axes guideront les discussions,  la gouvernance, les solutions et l’innovation, puis la réhabilitation et la dépollution des sites. Autant de questions qui renvoient à une même exigence,  passer des intentions aux résultats.

Cette initiative s’inscrit par ailleurs dans une dynamique internationale portée par le GPAP, hébergé par le Forum économique mondial. À travers ses partenariats nationaux, celui-ci accompagne les États dans la réduction de la pollution plastique et la construction de modèles plus circulaires.

Pour le Gabon, le véritable défi commence maintenant. La création de la NPAP-Gabon pose le cadre.  En plus de la question des déchets, c’est donc un nouveau modèle de gestion des ressources que le pays cherche à faire émerger.

Edouard Dure

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