Trois ans après le lancement des travaux d’exploration, le projet de fer de Belinga entre dans une nouvelle phase. En déplacement officiel à Perth, en Australie, le vice-président du gouvernement gabonais, Hermann Immongault, a rencontré, le 27 juillet 2026, le fondateur et président exécutif de Fortescue, Andrew Forrest. Une rencontre stratégique qui traduit la volonté commune d’accélérer l’un des plus grands projets miniers du continent.
Au cœur des échanges figurait le bilan des trois années d’exploration conduites par Fortescue Belinga sur les sites de Belinga et de Batouala, dans la province de l’Ogooué-Ivindo. Les résultats présentés témoignent d’une progression régulière. Le groupe australien a déjà engagé d’importants investissements dans les infrastructures de base, notamment les voies d’accès, les logements destinés aux équipes et les équipements de forage. Des réalisations qui préparent le terrain à une future exploitation industrielle.
Mais pour Libreville, l’exploitation des ressources ne peut plus se limiter à l’extraction du minerai. Le gouvernement entend faire du contenu local un pilier du partenariat. Formation, emploi, sous-traitance nationale et montée en compétences des Gabonais constituent désormais des exigences clairement affichées.
Cette orientation s’est illustrée la veille de la rencontre avec la remise des diplômes de la première promotion du programme « We Train For Gabon ». Cette initiative vise à former les techniciens et futurs cadres appelés à travailler dans l’industrie minière nationale. Elle traduit une ambition plus large : bâtir une véritable expertise gabonaise capable d’accompagner le développement du secteur.
Le projet Belinga demeure l’un des plus importants gisements de minerai de fer encore inexploités en Afrique. Son potentiel est considérable. Toutefois, son succès dépendra moins des ressources du sous-sol que de la capacité des partenaires à concrétiser les infrastructures indispensables à son exploitation. La construction du chemin de fer et d’un port en eau profonde reste le principal défi.
La rencontre de Perth confirme néanmoins une évolution notable. Après les études et l’exploration, le dialogue entre le Gabon et Fortescue s’oriente désormais vers les conditions d’une mise en œuvre effective.
Edouard Dure
