À la Présidence de la République, ce vendredi 17 Juillet, le décor parlait autant que les mots. Dans la salle de conférence, conseillers spéciaux, conseillers et responsables de la communication arboraient le pagne désormais porté chaque vendredi. Un choix vestimentaire érigé en marqueur de la nouvelle identité voulue par les plus hautes autorités.
C’est dans cette atmosphère empreinte de symboles que le porte-parole de la Présidence et conseiller spécial du chef de l’État, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, s’est adressé à la presse. Face aux journalistes, il n’était pas seulement question de dresser un point d’étape. Il s’agissait surtout de mettre en perspective les grands chantiers engagés depuis l’arrivée au pouvoir du président Brice Clotaire Oligui Nguema et de réaffirmer le cap fixé pour les années à venir.
Au cœur de cette ambition figure la transformation locale des ressources naturelles. Le manganèse, longtemps exporté à l’état brut, incarne cette nouvelle orientation économique. L’objectif est clair : créer davantage de valeur sur le sol gabonais, développer les compétences nationales et générer des emplois durables, afin que les richesses du sous-sol profitent davantage à l’économie du pays.
Sur le front agricole, les autorités entendent accélérer la reconquête de la souveraineté alimentaire. Le porte-parole a rappelé la distribution de 145 tracteurs, de nombreux équipements agricoles ainsi que de 91 véhicules destinés à renforcer les capacités des services techniques. À cela s’ajoute un plan d’urgence de 120 milliards de FCFA consacré à la filière avicole, avec la sélection de 150 exploitations et la création de la Société agropastorale du Gabon, appelée à structurer durablement le secteur.
Même volonté d’accélération sur les infrastructures. Près de 1 886 kilomètres de routes sont actuellement en cours d’aménagement à travers le pays. Au-delà des chiffres, ces travaux traduisent une ambition : rapprocher les territoires, désenclaver les provinces et faciliter les échanges, autant de leviers considérés comme essentiels à la croissance économique.
Le secteur de la santé n’est pas en reste. Réhabilitation de blocs opératoires, installation de scanners dans plusieurs hôpitaux de l’intérieur, recrutement de personnels médicaux et formation d’agents de santé communautaire : autant d’actions destinées à réduire les inégalités d’accès aux soins et à renforcer la qualité de la prise en charge des populations.
Confronté aux difficultés persistantes d’approvisionnement en eau potable, l’exécutif a choisi de décréter l’état d’urgence hydrique. Une décision qui s’accompagne d’investissements destinés à moderniser les infrastructures afin d’apporter des réponses immédiates tout en préparant des solutions pérennes.
Le chantier énergétique avance lui aussi sur plusieurs fronts. La mise en service de la ligne Bikélé-Nkok, le renforcement des capacités du barrage du Grand Poubara, la réhabilitation de l’éclairage public dans le Grand Libreville et l’installation de groupes thermiques dans plusieurs localités témoignent de la volonté d’améliorer durablement l’accès à l’électricité.
En plus des dossiers nationaux, la conférence de presse a permis de lever le voile sur la prochaine visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en France, du 20 au 22 juillet, à l’invitation de son homologue Emmanuel Macron. Pour la Présidence, cette séquence diplomatique devra consolider les engagements déjà pris entre Libreville et Paris tout en ouvrant de nouveaux axes de coopération dans des secteurs jugés stratégiques.
Pendant près d’une heure, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a ainsi déroulé une feuille de route où se mêlent souveraineté économique, modernisation des infrastructures, développement agricole, renforcement des services publics et relance de la coopération internationale. Derrière les annonces, un même fil conducteur, celui de faire de la transformation du Gabon une réalité mesurable dans le quotidien des citoyens.
Car au-delà des discours et des symboles, c’est désormais sur le terrain que se jouera la crédibilité de cette ambition. Les infrastructures devront être livrées, les investissements produire leurs effets et les réformes améliorer concrètement les conditions de vie des Gabonais.
Jean 1er
