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De Ngouoni à Makokou, Oligui Nguema face aux réalités du Gabon profond

Près de dix heures de route pour relier deux provinces, mais surtout pour aller à la rencontre d’un Gabon qui ne se résume ni à ses capitales administratives ni à ses grands centres urbains. En choisissant de rejoindre Makokou depuis Ngouoni par la route, Brice Clotaire Oligui Nguema a voulu se rapprocher davantage de son peuple, toucher du doigt ses réalités quotidiennes et mesurer, au fil des kilomètres, les besoins d’un pays dont il entend accélérer la transformation et améliorer les conditions de vie.

Ce long périple terrestre dit quelque chose de la conception que le chef de l’État se fait de son mandat : être au contact des populations, écouter leurs préoccupations et faire du développement un effort qui ne laisse aucun territoire à l’écart. Loin d’un simple déplacement présidentiel, la traversée de Ngouoni à Makokou aura été une immersion dans le Gabon profond, celui des villages, des agriculteurs, des familles et des communautés qui attendent encore que les services essentiels se rapprochent de leurs lieux de vie.

Au départ de Ngouoni, la route traverse collines, vallons et plateaux avant de s’enfoncer dans l’immensité forestière. Les paysages changent, les villages s’espacent et les habitations deviennent plus rares. À mesure que le convoi progresse vers l’Ogooué-Ivindo, la forêt impose sa présence et révèle l’immensité d’un territoire dont l’éloignement demeure l’un des principaux défis. Le bitume cède parfois la place aux pistes, les cours d’eau interrompent la trajectoire et les kilomètres prennent une autre dimension.

Pour le chef de l’État, cette route est aussi une manière de voir ce que les cartes et les rapports administratifs ne montrent pas toujours. Pendant près de dix heures, Brice Clotaire Oligui Nguema traverse un pays où la distance peut encore déterminer l’accès à l’école, aux soins, à l’électricité ou aux marchés. Ici, quelques dizaines de kilomètres supplémentaires peuvent représenter des heures de trajet, des coûts de transport élevés, des récoltes difficiles à écouler ou une prise en charge médicale retardée.

À chaque halte, le même choix : s’arrêter, écouter et échanger. Au bord des routes, les populations se rassemblent pour saluer le chef de l’État, mais aussi pour lui parler directement de leurs difficultés. L’électricité, l’école, la santé, les infrastructures routières et les conditions de vie reviennent parmi les principales préoccupations. Brice Clotaire Oligui Nguema reçoit ces doléances dans un exercice de proximité qui donne à son déplacement une dimension plus politique : celle d’un président qui entend regarder les réalités du pays depuis le terrain et non uniquement depuis les centres de décision.

Dans plusieurs localités, l’accès à l’électricité reste une attente forte. Une énergie insuffisante ou irrégulière freine les activités économiques, complique la conservation des produits agricoles et limite les possibilités offertes aux familles. L’école constitue une autre priorité. Les populations souhaitent des établissements mieux équipés et des conditions d’apprentissage permettant aux enfants des zones rurales de bénéficier des mêmes chances que ceux des grands centres urbains.

La santé pose une équation tout aussi concrète. Lorsqu’un centre médical se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres, l’éloignement peut transformer un problème de santé en urgence. C’est précisément contre ces fractures territoriales que le chef de l’État entend inscrire son action : rapprocher les services publics des populations et faire en sorte que le lieu de naissance ne détermine plus l’accès aux opportunités essentielles.

Dans ces territoires forestiers, une autre difficulté revient avec insistance : le conflit entre l’homme et la faune. Les éléphants peuvent ravager en quelques heures des plantations entretenues pendant des mois. Manioc, bananes plantain, taro et autres cultures vivrières constituent pourtant une part essentielle de l’alimentation et des revenus des familles. La protection de la biodiversité, indispensable à un pays dont le patrimoine naturel est exceptionnel, ne peut donc être dissociée de la protection des moyens de subsistance des communautés rurales.

Cette réalité illustre la complexité du développement que Brice Clotaire Oligui Nguema entend promouvoir : construire, moderniser et désenclaver tout en préservant les richesses naturelles du Gabon et en améliorant concrètement le quotidien de ceux qui vivent au plus près de la forêt.

La traversée révèle également la diversité humaine de ce Gabon profond. Obamba, Nzebi et Téké dans le Haut-Ogooué, Kota, Mahongwe, Fang, Okandé et d’autres communautés dans l’Ogooué-Ivindo composent un territoire riche de langues, de traditions et de savoir-faire. Agriculture, pêche, chasse, cueillette et petit commerce constituent le socle d’une économie locale parfois peu visible, mais indispensable à l’équilibre des territoires.

Pour le chef de l’État, l’enjeu est donc clair : faire en sorte que cette richesse humaine et naturelle puisse devenir un véritable levier de développement. Une route praticable doit permettre aux producteurs d’atteindre les marchés. Une école fonctionnelle doit offrir aux enfants des perspectives. Un centre de santé accessible doit rapprocher les soins des familles. Une alimentation électrique fiable doit ouvrir la voie à de nouvelles activités. Derrière chaque infrastructure se joue ainsi une part du mieux-être recherché pour les populations.

Le choix de parcourir ce trajet par la route prend alors tout son sens. Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas simplement changé de moyen de transport ; il a choisi d’éprouver les distances, de voir les réalités du terrain et de recueillir directement les attentes de ceux qui vivent loin des centres de décision. Cette proximité traduit une volonté : faire du développement un projet national, qui concerne aussi bien les grandes villes que les villages les plus éloignés.

Car bâtir le Gabon ne signifie pas seulement multiplier les grands projets. Cela signifie également réduire les distances, désenclaver les territoires et garantir aux populations l’accès aux services essentiels. Le développement se mesure dans une route qui permet d’écouler une récolte, dans une école qui accueille dignement les enfants, dans un centre de santé capable de prendre en charge rapidement un malade et dans des solutions permettant aux agriculteurs de protéger leurs cultures.

À Makokou, le voyage s’achève. Mais pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’essentiel commence désormais : transformer ce qui a été vu et entendu en actions concrètes. Car si la route lui a permis de mesurer les distances qui séparent encore certaines populations des services essentiels, elle lui a surtout offert une vision plus directe des défis à relever.

De Ngouoni à Makokou, le chef de l’État aura ainsi parcouru un morceau du Gabon avec une conviction : aucun territoire ne doit être oublié, aucune population ne doit rester au bord du chemin. Le développement du pays ne prendra pleinement son sens que lorsqu’il se traduira, jusque dans les villages les plus reculés, par davantage de mobilité, de services, d’opportunités et de mieux-être. C’est dans cette proximité avec les populations et dans la capacité à répondre concrètement à leurs attentes que se mesurera la portée de cette ambition nationale.

Ethan De Sillon

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