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Gabon-Guinée équatoriale : Une avancée pour résoudre le différend territorial

Le Gabon et la Guinée équatoriale, deux voisins marqués par un héritage colonial complexe, semblent enfin se rapprocher d’une solution pacifique concernant leur différend territorial. Ce lundi, 27 avril au Palais présidentiel de Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon, a rencontré Albert Shingiro, l’émissaire de l’Union africaine (UA). Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la médiation entamée sur la mise en œuvre de la décision de la Cour internationale de justice (CIJ), rendue en mai 2025, concernant les frontières maritimes et terrestres entre les deux pays.

Dans son arrêt historique, la CIJ a tranché. Les frontières entre le Gabon et la Guinée équatoriale doivent se baser exclusivement sur la Convention franco-espagnole de 1900. Ce tracé, qui détermine les limites entre les anciennes possessions coloniales françaises et espagnoles, n’offre aucune marge de manœuvre. Le rôle de la CIJ n’a pas été de dessiner une nouvelle frontière, mais de clarifier l’application des accords existants, ouvrant ainsi la voie à la mise en œuvre de cette décision contraignante.

L’Union africaine, par le biais d’Albert Shingiro, a proposé des mesures pratiques pour faciliter cette mise en œuvre. Parmi elles, la création d’une feuille de route conjointe, la mise en place d’un mécanisme ad hoc de délimitation et le lancement d’opérations de démarcation sur le terrain. Ces initiatives visent à garantir une application « apaisée et concertée » du verdict, tout en évitant toute escalade.

Pour les populations des deux pays, l’enjeu est crucial. La mise en place de points focaux nationaux assurera une coordination technique efficace entre Libreville et Malabo, facilitant ainsi la gestion des zones frontalières sensibles. À terme, un accord de coopération transfrontalière pourrait renforcer les liens entre les deux États et apporter des bénéfices tangibles en matière de sécurité, d’échanges commerciaux et de gestion des ressources naturelles partagées.

Cette démarche offre une opportunité de renforcer la coopération régionale. Le projet d’accord transfrontalier pourrait favoriser la stabilité dans la région, tout en assurant une meilleure gestion des enjeux communs. Les populations frontalières, souvent les plus affectées par l’incertitude des délimitations, pourraient enfin voir leur quotidien s’améliorer grâce à un cadre diplomatique structuré.

Le président Oligui Nguema a salué l’implication de l’Union africaine et réaffirmé la nécessité de préserver des relations de bon voisinage avec la Guinée équatoriale. Un compromis durable repose sur la responsabilité des deux États et la diplomatie, afin d’éviter toute dérive et garantir un règlement qui respecte le droit international et les engagements pris.

Ce différend, bien que complexe, pourrait marquer un tournant dans les relations entre le Gabon et la Guinée équatoriale. Si les deux pays parviennent à appliquer les décisions de la CIJ et à avancer dans la mise en place d’un cadre de coopération durable, ils pourraient offrir un modèle de gestion pacifique des conflits frontaliers en Afrique.  Ici , il s’agit de bâtir un avenir où la diplomatie et la coopération régionale prévalent, apportant ainsi une stabilité et une prospérité partagée pour les deux nations.

Edouard Dure

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