L’État gabonais durcit le contrôle du secteur aurifère. Lundi 19 octobre 2026, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a annoncé le retrait de 71 permis miniers, à l’issue d’un audit de près de quatre mois. L’objectif est de reprendre la maîtrise des titres miniers et renforcer la gestion du patrimoine national.
Au total, 48 permis de recherche et 23 permis d’exploitation sont retirés et retournent dans le domaine public de l’État. Mené du 29 juin au 16 octobre 2026, l’audit a porté sur la situation des titulaires. Une commission spécialisée a passé au crible la régularité des titres, les capacités techniques des opérateurs et leur solidité financière.
Par cette décision, l’État gabonais entend reprendre la main sur l’exploitation de ses ressources aurifères. Les autorités veulent mieux encadrer les activités minières et imposer le respect des exigences du nouveau Code minier. Désormais, la détention d’un permis doit s’appuyer sur des garanties techniques et financières suffisantes.
Mais le retrait de ces titres ne constitue qu’une première étape. Pour produire des résultats durables, l’État devra maintenir la pression sur les opérateurs, multiplier les contrôles et veiller à l’application effective de la réglementation. Sans ce suivi, la sanction risque de rester ponctuelle.
Au-delà des 71 permis concernés, cette opération pose la question de la souveraineté minière du Gabon. Pour l’État, l’enjeu est de faire de l’or une richesse mieux encadrée, au service de l’intérêt national. La fermeté affichée devra désormais se traduire sur le terrain par davantage de transparence, de responsabilité et de maîtrise des ressources du sous-sol gabonais.
Ethan De Sillon
