Longtemps centrée sur le développement des infrastructures, la stratégie numérique du Gabon entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. En plaçant la formation des compétences au cœur de ses priorités, l’État entend préparer les talents qui porteront la transformation digitale du pays. La convention signée entre l’ARCEP et l’INPTIC marque ainsi le lancement d’une initiative qui fait du capital humain le fondement de la souveraineté numérique nationale.
Le Gabon amorce ainsi un tournant décisif. Après plusieurs années d’investissements consacrés aux réseaux et aux équipements, l’enjeu est désormais de renforcer les compétences indispensables au développement du secteur. Aucun écosystème numérique ne peut en effet prospérer durablement sans des ressources humaines capables de concevoir, piloter et adapter les technologies aux évolutions constantes du numérique.
C’est dans cette perspective que l’ARCEP et l’INPTIC ont conclu une convention de subvention destinée à accélérer la modernisation de l’établissement. Cette initiative s’inscrit dans la vision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait du développement des compétences un levier de souveraineté et de croissance. Elle reflète également la volonté du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, de réformer en profondeur le système de formation aux métiers du numérique.
L’ambition est de faire de l’INPTIC un centre de référence capable de répondre aux exigences d’une économie en pleine mutation. À cette fin, un financement progressif de 5 milliards de FCFA sera mobilisé. Ces ressources permettront de moderniser les infrastructures pédagogiques, de réhabiliter les espaces d’apprentissage, de créer des laboratoires spécialisés et de renforcer les capacités techniques de l’établissement.
Parallèlement, l’offre académique connaîtra une profonde évolution. L’INPTIC prévoit de développer des cursus orientés vers les domaines qui structurent déjà l’économie numérique mondiale, intelligence artificielle, cybersécurité, développement logiciel, science des données, cloud computing, réseaux et télécommunications, ainsi qu’entrepreneuriat technologique.
La réforme prévoit également une modernisation de la gouvernance afin d’améliorer le pilotage des projets, le suivi des financements et l’adéquation entre les formations proposées et les besoins du marché de l’emploi. Un comité conjoint réunissant l’ARCEP et l’INPTIC sera chargé d’assurer le suivi de la convention et de veiller à l’atteinte des objectifs fixés.
Grâce à ce partenariat, les deux institutions poursuivent une ambition commune visant à doter le pays des compétences indispensables à sa transformation économique et technologique. Dans un contexte où la maîtrise du numérique constitue un facteur déterminant de compétitivité, la formation s’impose désormais comme un enjeu stratégique majeur.
Clemy
