TikTok veut répondre aux nouvelles exigences des autorités gabonaises. La plateforme a annoncé la suppression de 23 504 contenus entre janvier et mars 2026, à l’issue d’une rencontre à Genève entre Mark-Alexandre Doumba, ministre gabonais de l’Économie numérique, et Emir Gelen, directeur régional de TikTok, en marge du Sommet « AI for Good / WSIS ».
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par un bras de fer entre Libreville et les grandes plateformes numériques. En février 2026, les autorités gabonaises avaient temporairement suspendu les réseaux sociaux, pointant la nécessité d’un meilleur encadrement des contenus diffusés en ligne.

Depuis, TikTok affirme avoir renforcé ses dispositifs de détection et de modération afin de se conformer aux attentes du gouvernement.
Parmi les contenus supprimés figurent plus de 17 000 publications à caractère sexualisé et près de 13 000 contenus liés à des abus physiques ou sexuels impliquant des mineurs. La plateforme précise que 99,8 % des suppressions ont été réalisées grâce à ses systèmes automatisés, avant tout signalement des utilisateurs, et que 92,9 % des contenus concernés ont été retirés avant leur consultation.
TikTok indique également avoir supprimé la majorité des contenus illicites en moins de 48 heures et avoir définitivement suspendu 4 352 comptes pour violations répétées de ses règles.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la nouvelle réglementation gabonaise sur la sécurité numérique. Celle-ci impose aux plateformes en ligne des obligations renforcées en matière de protection des utilisateurs, de lutte contre les abus et de respect de la souveraineté numérique. TikTok dispose d’un délai d’un an pour se conformer pleinement à ces nouvelles dispositions.
Pour le gouvernement gabonais, l’enjeu est de mieux protéger les jeunes contre le cyberharcèlement, les discours de haine et la désinformation. Pour TikTok, il s’agit de prouver sa capacité à collaborer avec les États tout en préservant un espace numérique ouvert et sécurisé.
Cette évolution illustre un défi qui dépasse les frontières gabonaises : à mesure que les plateformes prennent une place centrale dans la société, la question de leur responsabilité face aux États et aux citoyens devient un enjeu majeur de gouvernance numérique.
Ethan De Sillon
