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Gabon : un budget 2026 réajusté pour renforcer la crédibilité financière de l’État

Le gouvernement gabonais a engagé un important réajustement budgétaire à travers le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 adopté en Conseil des ministres le 22 mai. Le budget de l’État est désormais équilibré à 5 495,2 milliards de FCFA, contre 6 358,2 milliards dans la loi de finances initiale, soit une baisse de 862,9 milliards de FCFA (-13,57 %).

Selon les autorités, cette révision vise à assainir le cadre macroéconomique, renforcer la crédibilité de la programmation budgétaire et préserver les investissements prioritaires ainsi que les dépenses sociales essentielles.

Le PLFR traduit également une révision prudente des perspectives économiques. La croissance attendue est ramenée à 4 %, contre 6,5 % initialement prévus. Malgré ce ralentissement, le gouvernement continue de s’appuyer sur la progression du secteur hors pétrole, attendue à 4,4 %.

Les recettes budgétaires nettes sont désormais estimées à 2 928,2 milliards de FCFA contre 3 808 milliards dans le budget initial, soit une diminution de 23,1 %. Cette évolution a conduit les autorités à revoir certaines dépenses et à ajuster la programmation de plusieurs projets publics.

Les recettes affectées aux tiers reculent également de 13,38 %, tandis que les ressources de trésorerie et de financement progressent légèrement grâce à un recours accru aux émissions de titres publics.

Les dépenses d’investissement enregistrent la plus forte baisse. Elles passent de 2 137,2 milliards à 1 169,1 milliards de FCFA, soit une réduction de 45,3 %. Le gouvernement explique cette révision par la volonté de privilégier les projets disposant d’études de faisabilité solides et compatibles avec les équilibres financiers de l’État. L’objectif affiché est de concentrer les ressources sur des projets techniquement matures et effectivement réalisables.

Malgré la réduction globale du budget, les charges financières de la dette progressent à 487,6 milliards de FCFA contre 419,8 milliards initialement. Cette évolution traduit le poids important du service de la dette dans les finances publiques.

Dans le même temps, les dépenses de personnel restent quasiment stables à 958,6 milliards de FCFA. Les transferts sociaux connaissent également une légère baisse, tandis que certaines dépenses de biens et services augmentent, notamment en raison de la réévaluation des remboursements de TVA.

Le gouvernement affirme ainsi vouloir procéder à des ajustements ciblés plutôt qu’à une réduction uniforme de toutes les dépenses publiques.

Le cadrage macroéconomique du PLFR repose sur des évolutions sectorielles différenciées. La production pétrolière est revue à la hausse, tout comme celle du manganèse et de l’or. En revanche, certains secteurs comme le bois transformé, l’huile de palme et le caoutchouc enregistrent des replis significatifs. Ces variations expliquent l’orientation plus prudente retenue dans le nouveau cadrage budgétaire.

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a demandé au gouvernement de poursuivre les efforts de mobilisation des recettes tout en évitant une pression fiscale excessive sur les entreprises.

Les autorités souhaitent également réformer la parafiscalité, simplifier les mécanismes de prélèvement et accélérer la digitalisation des procédures de collecte. Une révision des dépenses fiscales accordées à certains projets est aussi envisagée afin de mieux évaluer leur impact économique.

Le PLFR 2026 s’inscrit enfin dans la préparation des futures discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Le gouvernement indique avoir intégré les recommandations formulées par les partenaires financiers internationaux et la CEMAC.

À travers ce budget rectificatif, les autorités entendent renforcer la soutenabilité des finances publiques, améliorer la qualité de la dépense et consolider la crédibilité économique du Gabon.

Ethan De Sillon

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