Un an après la dénonciation de l’Accord de partenariat de pêche durable (APPD), le Gabon et l’Union européenne ont renoué le dialogue à Libreville. Les discussions, engagées le 8 juin, visent à redéfinir les bases de leur coopération dans le secteur halieutique.
Aucune décision n’a été annoncée à l’issue de la rencontre. Les deux parties ont toutefois affiché leur volonté de poursuivre les échanges afin de parvenir à un accord répondant à leurs intérêts respectifs.
En juin 2025, Libreville avait mis fin unilatéralement à l’APPD. Le gouvernement gabonais jugeait les compensations financières insuffisantes au regard de la valeur des captures réalisées dans ses eaux. Il reprochait également à l’Union européenne son faible engagement dans le développement d’une filière locale de transformation des produits de la mer.
Cette décision s’inscrivait dans une politique visant à renforcer la maîtrise nationale des ressources marines et à accroître la part de richesse créée sur le territoire.
Le Dialogue de Partenariat a été coprésidé par Hermann Immongault, vice-président du gouvernement gabonais, et Cécile Abadie, ambassadrice de l’Union européenne au Gabon. La rencontre a réuni des représentants du gouvernement gabonais ainsi que les ambassadeurs des États membres de l’Union européenne accrédités dans le pays.
Les échanges ont porté sur les réformes politiques, les droits humains, l’économie, la gestion des ressources naturelles, la coopération forestière, la sécurité maritime et les questions régionales. La situation budgétaire du Gabon, le climat des affaires et la stratégie européenne Global Gateway ont également été abordés.
La pêche est restée au cœur des discussions. Pour Libreville, l’enjeu consiste à mieux valoriser les ressources halieutiques et à favoriser leur transformation sur place. Pour Bruxelles, il s’agit de préserver un partenariat avec un acteur majeur du Golfe de Guinée dans un cadre respectant les nouvelles orientations des autorités gabonaises.
Cette rencontre de Libreville ouvre un nouveau chapitre dans les relations halieutiques entre le Gabon et l’Union européenne. Un chapitre placé sous le signe d’un partenariat plus équilibré, où la richesse des ressources gabonaises devra davantage contribuer au développement national et à la prospérité partagée.
Ethan De Sillon
