Au rythme de la fanfare, le drapeau entre en scène. Les pas claquent sur le sol, les rangs se resserrent et les gestes s’exécutent avec une précision millimétrée. À Libreville, ce lundi, 14 septembre la cérémonie des « grandes couleurs » a ainsi offert à la Gendarmerie nationale un moment de solennité, de cohésion et de reconnaissance. Face aux troupes, le général de corps d’armée Yves Barassouaga a salué l’engagement des personnels mobilisés à Makokou, tout en rappelant les exigences qui fondent le métier de gendarme.
D’emblée, le cérémonial impose son rythme. La fanfare donne le tempo, tandis que le drapeau progresse, encadré par sa garde. Dans les rangs, les silhouettes demeurent droites, les regards fixés et les mouvements parfaitement accordés. Rien ne semble laissé au hasard. Pourtant, derrière cette mécanique minutieuse se dessine une réalité plus profonde : la discipline militaire n’est pas seulement une affaire de gestes, elle est aussi le langage d’une institution qui entend agir d’une seule voix.
C’est dans cet esprit que les gendarmes exerçant dans la capitale ont pris part à cette cérémonie. Après l’entrée du drapeau, le général de brigade Anicet Anguillet, chef d’état-major de la Gendarmerie mobile, passe les troupes en revue. Puis, à son tour, le général de corps d’armée Yves Barassouaga parcourt les rangs. Les positions restent impeccables, les regards ne vacillent pas. Chaque mouvement répond à une consigne, chaque déplacement s’inscrit dans un ordre précis.
Vient alors la levée des couleurs. Le drapeau s’élève dans un silence empreint de solennité, avant que ne retentisse l’hymne national. Le cérémonial s’achève. Mais, loin de clore la séquence, cet instant ouvre surtout la voie au message du commandement.

Prenant la parole devant les personnels, Yves Barassouaga revient en effet sur la mission conduite à Makokou le 30 août, à l’occasion de la Fête de la Libération. Il salue la mobilisation des troupes, leur disponibilité et leur réactivité. Toutefois, son hommage ne s’arrête pas aux seuls personnels engagés sur le terrain. Il s’étend à tous ceux dont le travail, moins visible, conditionne pourtant la réussite d’une opération.
Ainsi, chauffeurs et mécaniciens sont félicités pour avoir assuré l’acheminement des moyens roulants jusqu’à Makokou, puis leur retour à Libreville sans panne majeure. Dans le même temps, les équipes chargées de l’intendance, notamment la Direction générale des services administratifs et financiers et le Cercle Mess Mixte, ont été distinguées. Malgré la dispersion des personnels sur quatre sites, elles ont veillé à leur prise en charge alimentaire.
Dès lors, derrière la précision du défilé apparaît une autre vérité, une mission réussie ne repose jamais sur les seuls hommes et femmes placés en première ligne. Elle dépend d’une chaîne de responsabilités où chaque fonction compte. Du terrain aux services de soutien, chacun contribue, à son niveau, à la réussite de l’ensemble.
C’est précisément ce que résume le rappel du commandant en chef : « Il n’y a pas de petite mission » et « pas de personnel inutile ». Par cette formule, le général Barassouaga réaffirme une conception collective du service. La puissance d’une institution ne se mesure donc pas uniquement à ses capacités opérationnelles, elle se construit aussi dans la rigueur quotidienne de ceux qui, souvent loin des regards, assurent son fonctionnement.
Par ailleurs, le comportement des gendarmes mobilisés à Makokou a retenu l’attention du commandant en chef. Discipline, tenue et attitude ont été saluées, autant d’éléments qui, selon lui, ont contribué à préserver l’image et le prestige de la Gendarmerie nationale. Car, sur le terrain, chaque comportement individuel finit par engager la réputation de toute l’institution.
Enfin, la cérémonie s’est achevée sur une annonce particulièrement attendue, la levée de la suspension des droits à congé. Les chefs d’unité sont désormais appelés à organiser les départs afin de permettre aux personnels de bénéficier de leur période de repos.
Edouard Dure
