.La signature d’une lettre d’engagement en faveur du barrage hydroélectrique de Booué, en marge de l’Africa Energy Forum, marque une avancée majeure pour le secteur énergétique national. Avec une capacité projetée de 400 MW et l’appui de partenaires internationaux de premier plan, cette infrastructure structurante se positionne comme un levier essentiel de transformation économique, destiné à renforcer l’industrialisation du pays et à stimuler la diversification de son économie.
Le 19 juin 2026 pourrait marquer un tournant dans l’histoire énergétique gabonaise. Réunis au Cap, en Afrique du Sud, les représentants de l’État gabonais, conduits par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, ont officialisé leur engagement aux côtés de Société financière internationale (IFC), de Gabon Power Company et de EDF Power Solutions pour faire avancer ce chantier stratégique.
Par son envergure, Booué s’annonce déjà comme le plus ambitieux projet hydroélectrique jamais porté au Gabon. Avec une puissance installée de 400 MW, l’ouvrage changera profondément la dimension du système énergétique national. Sa production attendue représenterait près de cinq fois celle du barrage de Kinguélé Aval et plus du double de celle prévue pour Ngoulmendjim.
La solidité du projet repose également sur la qualité des partenaires mobilisés. Bras financier du Groupe Banque mondiale dédié au secteur privé, l’IFC apportera son expertise dans la structuration financière, l’évaluation des risques et l’application des normes environnementales et sociales internationales. Son rôle sera déterminant pour renforcer l’attractivité du projet auprès des investisseurs et faciliter la mobilisation des financements nécessaires à sa réalisation.
Cette participation revêt une importance particulière. Déjà impliquée dans le financement du barrage de Kinguélé Aval, l’institution dispose d’une connaissance approfondie du secteur énergétique gabonais et constitue un gage supplémentaire de crédibilité pour les futurs bailleurs de fonds.
De son côté, EDF Power Solutions mettra à profit son expérience dans la conception et le développement de grands ouvrages hydroélectriques. Son implication dans le barrage de Nachtigal, l’un des projets énergétiques les plus emblématiques du continent, témoigne de sa capacité à conduire des infrastructures complexes dans des environnements exigeants.
Mais pour les autorités gabonaises, Booué ne se résume pas à une simple centrale hydroélectrique. Le projet s’inscrit dans une vision plus large de transformation économique. L’énergie produite devra notamment soutenir l’exploitation du gisement de fer de Bélinga, favoriser le développement des industries de transformation locale et accompagner les activités du futur port en eau profonde de Kobé-Kobé. L’objectif est de créer davantage de valeur sur le territoire national et réduire la dépendance historique aux exportations de matières premières brutes.
Cette ambition s’appuie sur un atout considérable. Le Gabon dispose de l’un des potentiels hydroélectriques les plus importants d’Afrique centrale, dont seule une faible partie est aujourd’hui exploitée. Une vaste réserve d’énergie renouvelable demeure ainsi disponible pour accompagner le développement du pays.
Dans cette perspective, le barrage de Booué apparaît comme une pièce maîtresse de la stratégie nationale. Au-delà du renforcement de l’approvisionnement électrique, il pourrait stimuler l’industrialisation, accroître l’attractivité économique du Gabon et soutenir l’émergence de nouvelles filières productives.
À l’heure où de nombreux pays africains cherchent à concilier croissance, industrialisation et transition énergétique, le Gabon mise sur un projet à forte portée structurante. Si Booué tient ses promesses, il ne se contentera pas d’alimenter les villes et les usines, il pourrait incarner la transformation d’un immense potentiel naturel en levier durable de prospérité et de développement.
N.M
