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La première dame, le gouvernement et ses partenaires mobilisés contre les grossesses précoces et leurs conséquences sur les jeunes Gabonaises

Plus de la moitié des jeunes filles gabonaises, âgées de 15 à 19 ans sont touchées par le phénomène des grossesses précoces. Afin de mieux lutter contre cette réalité, le gouvernement a fait le point sur ses conséquences dans la vie des jeunes filles concernées et mis en place des actions les réduire.

Dans ce cadre il a été lancé l’application Hello Ado, ce 13 avril 2023 à l’initiative du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et du Ministère de l’Education Nationale, chargé de la Formation Civique, en partenariat avec l’Unesco et l’UNFPA en présence de la Première Dame Sylvia Bongo Ondimba.

Il s’agit d’une plateforme éducative et interactive à destination des jeunes, sous la forme d’une application gratuite, laquelle propose des contenus écrit, audio et vidéo répondant aux questions que les jeunes se posent ainsi qu’une liste des services d’accueil et de soins– actualisée en fonction des évaluations des utilisateurs – auprès desquelles les jeunes peuvent se tourner ainsi qu’une fonction tchat pour pouvoir échanger en direct avec eux. Cet outil vise à apporter des solutions aux adolescents en matière de santé sexuelle et reproductive et d’accès à la contraception.

Un projet Porté par l’Unesco et l’UNFPA et soutenu par le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et celui de l’Education Nationale qui s’inscrit dans la continuité de la mobilisation intergouvernementale Gabon Egalité en faveur de la réduction des inégalités de genre avec pour objectif spécifique de sensibiliser les plus jeunes à la santé sexuelle et reproductive dans un contexte où les grossesses précoces demeurent un sujet critique, prédominant et tabou à l’échelle nationale.

Et qui cadre également avec la continuité de l’adoption et de la promulgation de la loi portant élimination des violences faites aux femmes et de la mise en application des recommandations de la stratégie de réduction des inégalités de genre au Gabon, dont le rapport avait mis en exergue un état des lieux très préoccupant des grossesses précoces à l’échelle nationale

Les grossesses précoces ont un impact négatif pour la santé et l’éducation de la mère et de son enfant. Les jeunes mères sont susceptibles de contracter des infections sexuellement transmissibles et de développer des effets psychologiques préjudiciables à leur santé (dépression, stress…). Pire, elles sont exposées à des risques de mortalité maternelle liés à la grossesse ou à l’accouchement. Ou encore à des sanctions sociales pouvant entraîner à des redoublements ou à l’abandon scolaire des élèves mères dans plus de 50% des cas et à une expulsion du foyer familial, favorisant la déscolarisation des jeunes filles concernées, et une précarisation de la mère et de son enfant.

Cependant ces grossesses précoces sont le témoin de l’importance et de la banalisation des violences sexuelles
en milieu scolaire, puisque les relations intergénérationnelles, consenties ou issues d’un rapport de domination, sont à l’origine de ~40% des grossesses précoces.

Compte tenu de l’enjeu national d’accès aux soins et à l’éducation et de lutte contre les violences faites aux femmes, ce sujet a été placé au cœur de la mobilisation intergouvernementale Gabon Egalité.

Ainsi un programme concret élaboré a été déployé avec en son sein des modules de formation, d’outils de sensibilisation, la formation des animateurs et membres d’associations, lequel aura permis la sensibilisation à l’éducation sexuelle et aux grossesses précoces à près de 34 000 adolescents et jeunes des établissements de l’Estuaire, de l’Ogooué-Maritime, de la Ngounié, de la Nyanga et du Moyen-Ogooué et de 10 000 parents.

Ces sensibilisations ont été renforcées par l’organisation de campagnes d’information et d’identification de filles enceintes et de jeunes mères scolarisées et d’une enquête sur leurs besoins en accompagnement.

2134 jeunes filles enceintes ont ainsi été recensées et prises en charge, donnant alors accès à un accompagnement psychologique, médical et social et permettant la création d’un répertoire national des filles enceintes et jeunes mères scolarisées prises en charge.

Au final c’est Plus de 80% des filles accompagnées qui sont désormais maintenues en situation de scolarité. Ainsi, aux examens de juin 2022, le taux de réussite aux examens (BEPC et BAC) des élèves enceintes ou mamans accompagnées était de 54%
(contre 62% pour les autres élèves).

La Première Dame Sylvia Bongo Ondimba, Très préoccupée par cette situation a tenu à manifester son appui lors de la cérémonie de lancement de la plateforme Hello Ado, appelant de ses voeux à faire de la lutte contre les grossesses précoces une grande cause nationale et a interpellé avec émotion les participants: “je suis personnellement profondément meurtrie chaque fois que je rencontre une jeune fille, une petite fille, en âge d’être à l’école, enceinte ou mère. Malheureusement, toutes nos provinces sont touchées par cette problématique de grossesses précoces, qui concerne plus de la moitié des filles gabonaises, âgées de 15 à 19 ans. Nous mobiliser sur cette cause, c’est notre façon de vous dire que vous les jeunes, vous comptez pour nous, que votre présent et votre avenir ont de l’importance
à nos yeux.”

Le lancement de cette plate forme apporte déjà un début de réponse.

Clemy

 

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