Le phénomène des « chouttes »: une activité aux revenus moyens pour les jeunes gabonais

Le phénomène des « chouttes »: une activité aux revenus moyens pour les jeunes gabonais

Un appareil photo, une clé USB, une carte mémoire, un téléphone et une connexion internet, voilà le matériel nécessaire pour devenir ‘Chouteur’.

Dans l’ensemble de la capitale gabonaise Libreville, nul besoin de vous le prouver, vous croisez ces jeunes munis de leurs appareils prêts à vous filmer.
À l’université Omar BONGO par exemple, dès le portail, ils vous accueillent. Parfois, ils peuvent même marcher avec vous tant qu’ils n’ont pas fini de vous présenter toutes leurs belles prises et vous arracher 500fcfa de votre poche. 500fcfa, c’est le montant pour 5 photos, parfois, négociable à l’université Omar BONGO. Dans d’autres lieu, le prix de 5 prises peut vous coûter 2000f et plus comme au bord de mer où dans les lieux réservés, des restaurants.

Alors que cette activité de choute s’est révélée en milieu universitaire autour de 2014, aujourd’hui, comme un phénomène grandissant, elle a envahi tous les grands artères de la capitale Libreville (de l’échangeur au Rond-point Nzeng-Ayong, IAI, Charbonnage, aux carrefours des CHU, etc.) avant de se retrouver à l’intérieur du pays comme à Lambaréné au carrefour Isac, à Mouila au carrefour Ndéndé et ainsi de suite. Impossible de passer inaperçu devant eux, on croirait des paparazzis.

Contrairement à la photographie traditionnelle, la photographie moderne ou plutôt numérique est venue révolutionner cette activité sur divers points.
Plus rapide, plus claire avec possibilité de rajouter des couleurs et une livraison immédiate grâce aux systèmes d’envoi tels que ‘Copier-Coller, Bluetooth, WhatsApp via une connexion internet’. Cette photographie numérique permet aux Chouteurs de gagner en temps et en gain. Elle offre aussi la possibilité aux personnes ayant été filmées de balancer à l’instant même leur photo sur Facebook, Instagram et WhatsApp.

En moyenne, un Chouteur peut gagner jusqu’à 20 000f par jour. Juste assez pour payer le loyer et combler quelques manquements quotidiens. La particularité avec ce métier, c’est qu’il s’apprend sur le terrain. Nul besoin de sortir d’une école au Gabon pour être Chouteur, nul besoin d’un diplôme non plus, juste de l’exercice, apprendre à régler les couleurs en fonction du temps, les angles pour un bon cadrage et une rapidité à filmer même quand l’individu est en mouvement.

Le chômage et la débrouillardise, forment un couple qui va ensemble. À défaut d’un emploi stable bien qu’ayant les aptitudes, parce que tout simplement on ne serait pas l’enfant de NTOUNTOUM ou de MOUSSAVOU, il faut se débrouiller. Parmi ces débrouillards, on compte des chômeurs, des étudiants, tous, issus des familles aux revenus moyens.

MAK

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