En annonçant la séparation progressive des activités de l’eau et de l’électricité jusqu’ici réunies au sein de la SEEG, le Chef de l’État ouvre un nouveau chapitre de la gouvernance des infrastructures stratégiques du pays. Une décision qui vise à corriger les dysfonctionnements accumulés au fil des années et à poser les bases d’un service plus performant au bénéfice des populations.
Cette réorganisation dépasse largement le cadre d’un simple réaménagement administratif. Elle traduit la volonté des autorités de rompre avec un modèle dont les limites sont devenues évidentes. Depuis plusieurs années, les usagers font face à des coupures récurrentes d’électricité, à des perturbations dans l’approvisionnement en eau, à des retards dans les investissements et à des difficultés techniques qui ont progressivement mis en lumière les faiblesses structurelles de l’entreprise.
Face à ces défis, l’exécutif fait le choix d’un changement de paradigme. L’eau et l’électricité, deux secteurs aux réalités techniques, économiques et opérationnelles distinctes, seront désormais appelés à évoluer dans des cadres de gestion séparés. Une spécialisation qui devrait permettre une meilleure lisibilité des responsabilités, une plus grande efficacité dans la prise de décision et une adaptation plus précise aux besoins de chaque secteur.
L’ambition affichée est d’améliorer la qualité du service rendu aux citoyens, de renforcer la transparence financière, d’optimiser les performances opérationnelles et de créer un environnement plus attractif pour les investisseurs. Car si l’eau et l’énergie poursuivent une même finalité de service public, leurs exigences en matière d’infrastructures, de financement et de maintenance diffèrent profondément.
Pour les pouvoirs publics, la concentration de ces missions essentielles au sein d’une seule entité a parfois freiné la réactivité nécessaire face aux urgences du terrain. En dissociant les activités, l’État entend favoriser l’émergence de structures plus spécialisées, plus agiles et davantage redevables de leurs résultats.
Cette réforme s’inscrit également dans une vision plus large de modernisation de l’action publique. Elle accompagne une politique d’investissement annoncée dans les réseaux de distribution, les capacités de production, les ouvrages hydrauliques ainsi que les équipements de contrôle et de supervision. L’objectif est de construire des infrastructures capables de répondre durablement à la croissance démographique et aux besoins de développement économique du pays.
Parallèlement, les autorités prévoient un renforcement du cadre réglementaire afin de consolider la gouvernance du secteur. Une attention particulière sera portée aux mécanismes de contrôle, à la gestion des ressources publiques et à l’exigence de résultats attendus des futurs opérateurs.
Si le principe de la scission est désormais acté, les modalités pratiques de sa mise en œuvre ainsi que le chronogramme détaillé de cette transition feront l’objet d’une communication spécifique du ministre en charge de l’accès universel à l’eau et à l’électricité, Philippe Tonangoye. Celui-ci présentera prochainement les différentes étapes du processus, les mesures d’accompagnement prévues ainsi que les dispositions destinées à garantir la continuité du service public durant cette phase de transformation.
À travers cette réforme structurante, les autorités affichent leur volonté de bâtir un modèle de gestion plus performant, mieux adapté aux enjeux actuels et capable de répondre aux attentes croissantes des populations en matière d’accès à l’eau potable et à l’électricité.
Ethan De Sillon
