En annonçant la séparation progressive des activités de l’eau et de l’électricité jusqu’ici réunies au sein de la SEEG, le Chef de l’État ouvre un nouveau chapitre de la gouvernance des infrastructures stratégiques. Une décision qui vise à corriger les dysfonctionnements accumulés au fil des années et à poser les bases d’un service plus performant au bénéfice des populations.
Cette réorganisation dépasse largement le cadre d’un simple réaménagement administratif. Elle traduit la volonté des autorités de rompre avec un modèle dont les limites sont devenues évidentes. Depuis plusieurs années, les usagers font face à des coupures récurrentes, à des perturbations dans l’approvisionnement en eau, à des retards dans les investissements et à des difficultés techniques qui ont progressivement mis en lumière les faiblesses structurelles de l’entreprise.
Face à ces défis, l’exécutif fait le choix d’un changement de paradigme. L’eau et l’électricité, deux secteurs aux réalités techniques, économiques et opérationnelles distinctes, seront désormais appelés à évoluer dans des cadres de gestion séparés. Une spécialisation qui devrait permettre une meilleure lisibilité des responsabilités, une plus grande efficacité dans la prise de décision et une adaptation plus précise aux besoins de chaque secteur.
L’ambition est d’améliorer la qualité du service rendu aux citoyens, renforcer la transparence financière, optimiser les performances opérationnelles et créer un environnement plus attractif pour les investisseurs. Car si l’eau et l’énergie poursuivent une même finalité de service public, leurs exigences en matière d’infrastructures, de financement et de maintenance diffèrent profondément.
Pour les pouvoirs publics, la concentration de ces missions capitales au sein d’une seule entité a parfois freiné la réactivité nécessaire face aux urgences du terrain. En dissociant les activités, l’État entend favoriser l’émergence de structures plus spécialisées, plus agiles et davantage redevables de leurs résultats.
Cette réforme s’inscrit également dans une vision plus large de modernisation de l’action publique. Elle accompagne une politique d’investissement annoncée dans les réseaux de distribution, les capacités de production, les ouvrages hydrauliques ainsi que les équipements de contrôle et de supervision. L’objectif est de construire des infrastructures capables de répondre durablement à la croissance démographique et aux besoins de développement économique du pays.
Parallèlement, les autorités prévoient un renforcement du cadre réglementaire afin de consolider la gouvernance du secteur. Une attention particulière sera portée aux mécanismes de contrôle, à la gestion des ressources publiques et à l’exigence de résultats attendus des futurs opérateurs.
Ethan De Sillon
