À quelques semaines de l’examen d’une réforme foncière jugée déterminante, le Parti de la Renaissance Nationale (PRN) tire la sonnette d’alarme. Son président, Lézin Gualbert Koumba Mbadinga, estime que le projet visant à rendre le Titre foncier définitif, irrévocable et inattaquable pourrait fragiliser les droits des populations et ouvrir la voie à de nouvelles injustices foncières.
Le débat sur le foncier s’invite au cœur de l’actualité nationale. Présentée comme un levier de modernisation et de sécurisation des droits de propriété, la réforme portée par le Gouvernement ne fait pourtant pas l’unanimité. Au contraire, elle suscite de vives inquiétudes dans les rangs de l’opposition.
Le président du Parti de la Renaissance Nationale (PRN), Lézin Gualbert Koumba Mbadinga, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un texte aux conséquences potentiellement lourdes pour les citoyens. Selon lui, faire du Titre foncier un document définitif et inattaquable, sans renforcer au préalable les mécanismes de transparence et de contrôle, reviendrait à exposer de nombreux Gabonais à des risques de dépossession de leurs terres.
Pour le leader du PRN, la réalité du terrain est déjà marquée par de multiples dysfonctionnements administratifs. Des conflits de propriété, des titres délivrés sur des parcelles déjà occupées et des procédures parfois opaques alimentent régulièrement les litiges fonciers. Dans un tel contexte, estime-t-il, supprimer toute possibilité de contestation judiciaire pourrait pénaliser les occupants de bonne foi, notamment les familles installées depuis plusieurs générations sur des terres ne disposant pas encore d’un titre foncier.
Le parti attire également l’attention sur les conséquences sociales d’une telle réforme. Des expulsions, des tensions communautaires et une aggravation des inégalités d’accès à la propriété pourraient, selon le PRN, compromettre la cohésion sociale si des garde-fous ne sont pas intégrés au dispositif législatif.
Autre point soulevé, la question de l’accès au foncier par les acquéreurs étrangers. Sans remettre en cause l’ouverture économique du pays, le PRN plaide pour un débat national permettant de définir des règles claires afin de préserver le patrimoine foncier des citoyens gabonais.
Pour Lézin Gualbert Koumba Mbadinga, le foncier ne peut être réduit à une simple question administrative. Il constitue un enjeu stratégique de souveraineté, de justice sociale et de stabilité nationale. C’est pourquoi le PRN appelle les autorités à privilégier une réforme consensuelle, fondée sur la transparence, l’équité et la protection effective des droits des populations.
À mesure que le projet de loi approche de son examen, le débat s’intensifie. Entre impératif de sécurisation des investissements et nécessité de garantir les droits des citoyens, la réforme foncière s’annonce comme l’un des dossiers les plus sensibles de cette séquence politique. Reste à savoir si les préoccupations exprimées par les acteurs politiques et les populations seront prises en compte avant son adoption.
Edouard Dure
