Après la collecte, place au contrôle. La Cour constitutionnelle entame la vérification de terrain des données du Recensement général de la population et du logement (RGPL), préalable à leur homologation. À Libreville, le doyen des juges constitutionnels, Joseph Owondault Berre, a échangé ce jeudi 20 août avec le gouverneur de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, pour préparer le déploiement des équipes dans la province.
La machine de vérification du RGPL est désormais opérationnelle. Dans l’Estuaire, Joseph Owondault Berre a de ce fait rencontré les autorités locales afin de faciliter le travail des agents de la Cour constitutionnelle chargés de confronter les données recueillies aux réalités du terrain.
La réunion, tenue en présence du préfet du Komo-Océan, du président du conseil départemental et du maire de Ndzomoe, intervient alors que la province affiche un taux de couverture supérieur à 95 %. Un résultat jugé satisfaisant par Marie-Françoise Dikoumba, malgré des difficultés techniques rencontrées au cours de l’opération et prises en charge par les équipes du ministère de la Planification et de la Prospective.
« Ce niveau de couverture constitue un motif de satisfaction », a souligné le gouverneur, estimant que la qualité des données recueillies doit permettre de mieux cerner le poids de la population et sa répartition sur le territoire national.
La phase de contrôle doit toutefois permettre d’identifier les éventuels écarts entre les chiffres recensés et les réalités observées localement. Le gouverneur a ainsi assuré la Cour constitutionnelle de la disponibilité des autorités administratives, tout en appelant à tirer les enseignements des difficultés rencontrées. Elle préconise notamment un meilleur maillage territorial et le renforcement des moyens fluviaux et maritimes pour atteindre les populations vivant dans les zones les plus enclavées.
Cette mission fait suite à l’audition, le 12 août, de la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, par le président de la Cour constitutionnelle. Elle ouvre une nouvelle séquence dans le processus de validation du RGPL.
Déployées dans les neuf provinces, les équipes de la Cour auront pour tâche de vérifier la cohérence des données, d’en apprécier la conformité avec les réalités locales et de recueillir les observations des autorités administratives et politiques. Une fois cette étape achevée, les résultats seront examinés en séance plénière. La Cour constitutionnelle devra alors se prononcer sur leur homologation avant leur transmission au gouvernement.
Le RGPL doit fournir à l’État une photographie fiable du pays. De sa précision dépendra, en partie, la capacité des pouvoirs publics à mieux orienter leurs politiques, dimensionner les infrastructures et répartir les investissements au plus près des besoins des populations.
Edouard Dure
