Dans le cadre d’une vaste opération de régulation du secteur de la sécurité privée, le ministère de l’intérieur passe au peigne fin des dizaines de dossiers afin de remettre de l’ordre dans un domaine en pleine expansion, longtemps marqué par des zones grises.
Réunie pendant deux jours, la commission chargée d’examiner les autorisations d’exercer a scruté 93 dossiers, entre créations d’entreprises, renouvellements d’agréments et mises en conformité. Un tri minutieux qui révèle l’ampleur du secteur. 23 sociétés disposent d’armes non létales, 68 opèrent sans armement, tandis que deux structures sont spécialisées dans la vente de matériels et d’équipements de sécurité.
Pour les autorités, la sécurité privée doit rester dans son périmètre. Un appui aux forces régaliennes, jamais une substitution à la police ou à la gendarmerie. Une ligne rouge clairement rappelée par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, qui insiste sur la nécessité de préserver la souveraineté de l’État dans le domaine sécuritaire.
Cette offensive réglementaire vise également à endiguer les dérives potentielles, prolifération d’acteurs informels, usage encadré mais sensible des armes, ou encore risques de dérapages en l’absence de contrôle strict. L’enjeu est autant sécuritaire qu’institutionnel, dans un contexte où le secteur connaît une croissance rapide.
Inscrite dans la dynamique du Plan national de croissance et de développement 2026-2030, la réforme ambitionne de professionnaliser durablement la filière. L’objectif est d’assainir, structurer et aligner les opérateurs sur un cadre juridique renforcé, symbole d’une gouvernance plus rigoureuse.
Derrière cette vague de contrôle et de régulation, c’est donc une affirmation d’autorité qui se dessine, celle d’un État qui entend reprendre pleinement la main sur un secteur sensible, à la frontière entre sécurité publique et intérêts privés, où la confiance ne peut souffrir d’aucune approximation.
Edouard Dure
