Déclaration de politique générale de Rose Christiane Ossouka Raponda: l’intégralité !

Déclaration de politique générale de Rose Christiane Ossouka Raponda: l’intégralité !

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

C’est en vertu des prescriptions constitutionnelles que je suis devant vous, aujourd’hui, pour présenter le programme de politique générale du Gouvernement que je conduis.

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, m’a fait l’immense honneur de me porter, le 16 juillet 2020, à la haute et prestigieuse fonction de Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Je voudrais, avant toute chose, lui exprimer ma profonde gratitude.

Je mesure, à travers cette décision, la lourde responsabilité induite par cette grande marque de confiance et la forte portée symbolique de cet acte politique, au moment où le Chef de l’État a consacré la période 2015-2025, décennie de la Femme.

Au-delà de la promotion de mon humble personne, c’est surtout la reconnaissance du rôle et de la place de la femme dans le processus de développement de notre pays. A travers cette nomination, c’est la femme gabonaise qui est honorée et récompensée.

La femme gabonaise dont chacun de nous ici présents peut apprécier, à sa juste valeur, le rôle dans la protection de la cellule familiale, dans la préservation des valeurs et traditions qui forment le socle de notre nation, ainsi que dans la consolidation de notre démocratie.

Aussi, pour cette raison, Monsieur le Président, Honorables Députés, vais-je solliciter cette auguste Assemblée afin qu’elle m’accorde le privilège de saluer et d’exprimer, à travers ma modeste voix, toute notre reconnaissance aux illustres personnalités, vivantes ou disparues, célèbres ou anonymes, qui se sont distinguées, à travers l’histoire de notre pays, par leurs compétences, par leur action quotidienne en faveur de l’évolution de la condition féminine et par la qualité de leur leadership.

Je voudrais saluer ici et exprimer toute notre gratitude à Madame Sylvia Bongo Ondimba, Première Dame du Gabon, pour son engagement quotidien et constant en faveur d’une plus grande implication de la femme dans la vie publique.

Sa présence active aux côtés du Président de la République, Chef de l’État, est une promesse renouvelée de sa forte contribution au renforcement de la cohésion de la société gabonaise dont la femme est incontestablement le pilier central.

Cette gratitude s’adresse également à :

– feue Agathe Okoumba d’Okwatségué, première femme Présidente de l’Association des femmes juristes du Gabon, pour avoir dédié sa vie à la défense des droits de la femme gabonaise ;

– feue Rose Francine Rogombé, première femme Magistrate et première femme élue Président du Sénat, pour avoir assuré la transition après le décès du Président Omar Bongo Ondimba en 2009 ;

– Marie Madeleine Mborantsouo, Président de la Cour Constitutionnelle dont je salue, entre autres, la participation active à l’élaboration de la Constitution transitoire de notre pays qui instaura le multipartisme en 1990.

A l’instar de ces femmes, tant d’autres que je n’ai pas citées, ont aussi contribué à façonner le destin de notre nation. Leurs contributions substantielles au renforcement des fondations de notre Etat, dans les domaines politique, économique, social et culturel ne sauraient être contredites aujourd’hui.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Le parcours de ces femmes n’aurait cependant pas été possible sans le soutien des hommes, sans l’action décisive des Pères fondateurs de la Nation gabonaise.

Ouverts aux évolutions du monde, aux mouvements avant- gardistes de la société africaine et gabonaise, ils ont su anticiper et lire, à travers le temps, les tendances à partir desquelles se construirait le progrès économique et social.

Le Président Léon Mba posa l’acte fondateur, le 20 août 1966, lorsqu’il créa un ministère chargé de l’Organisation nationale des femmes gabonaises.

Le Président Omar Bongo Ondimba accéléra le processus en encourageant la femme gabonaise à se prendre en charge sur les plans politique et économique.

Alors, le ministère chargé de l’Organisation nationale des femmes gabonaises se transforma en un ministère chargé de la Promotion Féminine, le 17 avril 1975. Il le confia à une femme.

De secrétaire d’État en 1975, année de l’apparition des femmes dans une équipe gouvernementale, à Ministre de plein exercice en février 1980, les femmes ont gravi progressivement les marches de la hiérarchie gouvernementale sous son magistère, non sans accentuer leur présence dans de nombreux domaines de la vie économique et sociale de notre pays.

Que dire du Président Ali Bongo Ondimba dont la politique en faveur de la promotion de la femme est l’achèvement d’une œuvre nationale et républicaine.

Au Gouvernement, dans les Institutions Constitutionnelles, dans l’administration centrale, au sein des forces de défense et de sécurité, ainsi qu’au niveau politique, le Chef de l’Etat a toujours promu les femmes aux plus hautes responsabilités pour leurs compétences.

Nous sommes bien là au cœur de la politique de l’Egalité des Chances prônée par le Président de la République.

Comme le Chef de l’Etat a écrit : « Promouvoir les femmes dans l’espace public et aux plus hauts postes de décision n’est pas qu’une question de justice et d’équité. Il en va également de notre efficacité collective ».

Puissent ces paroles forts pertinentes du Chef de l’Etat encourager les femmes à continuer de se former pour acquérir des compétences solides dans tous les domaines.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

Monsieur le Président,

Avant de me prêter à l’exercice que m’impose ma charge, permettez-moi de m’adresser à vous pour saluer l’homme de consensus que vous incarnez. Votre élection, il y a un peu plus d’un an, à la tête de l’Assemblée nationale est le couronnement d’un parcours administratif et politique marqué du sceau de l’excellence.

Homme de devoirs, vous avez su, durant de nombreuses années, contribuer au renforcement des mécanismes de fonctionnement de notre démocratie. Soyez-en remercié.

Honorables Députés,

Je voudrais saluer individuellement chacun de vous et vous féliciter pour la manière dont vous portez la confiance que les populations des différentes localités de notre cher pays ont placée en vous.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Jamais dans l’histoire de notre pays, le peuple gabonais ne s’est trouvé confronté à une épreuve aussi grave, une épreuve aussi dramatique que la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus. Une crise qui déstructure notre société.

En effet, cette crise a perturbé la mise en œuvre de nos plans de développement économique et social, et remis en cause les projets de nos compatriotes.

Elle a fragilisé leur confiance ainsi que celle des opérateurs économiques. Les Gabonais s’inquiètent du présent, ils s’interrogent sur l’avenir, ils appréhendent le futur.

Le Chef de l’Etat a entendu toutes ces interrogations et toutes ces inquiétudes. Et, il a aussi compris toutes les insatisfactions et toutes les attentes exprimées par son peuple.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Le contexte dans lequel le Gouvernement a été mis en place, est particulier. En effet, l’apparition, à la fin de l’année 2019, de la maladie infectieuse émergente provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2, a plongé la planète dans une triple crise sanitaire, économique et sociale.

Les effets sont inédits depuis la crise des « subprimes » de 2008. Aucun pays au monde n’a été préparé à la fulgurance de ce phénomène sanitaire et à la surpuissance de ses effets multisectoriels.

De manière globale, toutes les régions du monde devraient connaître un recul de la croissance de leur Produit Intérieur Brut (PIB) en 2020, du fait des fortes perturbations de l’activité sur le plan planétaire et des restrictions qui ont eu pour conséquence le ralentissement, voire l’arrêt de nombreux secteurs de l’économie.

La fin de la période de sidération liée à l’apparition inattendue de ce virus conduit l’ensemble des pays de la planète à considérer que, tout en maintenant les campagnes de promotion en faveur des gestes barrières, d’hygiène et de distanciation physique, il nous faut apprendre à vivre avec ce virus.

C’est là, un impératif !

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Notre pays, le Gabon, s’emploie à contenir l’évolution de cette pandémie, à la suite des mesures prises par le Président de la République, Chef de l’État, et mises en œuvre par le précédent Gouvernement dirigé par Monsieur Julien Nkoghé Békalé à qui j’exprime ici ma reconnaissance.

Tout en ayant une pensée particulièrement émue pour toutes les personnes disparues durant cette période, je voudrais rendre un hommage à la population gabonaise pour son comportement responsable durant la période de confinement.

Les statistiques résultant de la surveillance épidémiologique nationale démontrent que, progressivement, nous prenons la mesure de la pandémie.

Le nombre de personnes guéries est en constante progression. Les cas en urgence se réduisent. Le nombre de décès est relativement faible quand on le compare à d’autres pays présentant sensiblement le même profil épidémiologique.

Le déconfinement progressif en cours ne doit pas être interprété comme la fin de la pandémie, mais plutôt, comme le signe d’une volonté de repartir de l’avant et d’affronter, de manière responsable, cette pandémie en redonnant le droit à la vie et le droit au progrès.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

La baisse de la demande de nos produits d’exportations et le ralentissement de l’activité économique, intervenus au lendemain du déclenchement de cette crise sanitaire mondiale, devraient avoir un impact, à court terme, sur nos recettes budgétaires en 2020.

A l’instar de très nombreux pays du monde, nos comptes publics devraient connaître une dégradation, tout comme notre situation monétaire et notre position extérieure.

Pourtant, nous devons rester optimistes, car les raisons de l’être existent. Les perspectives encourageantes s’annoncent à l’horizon du fait de la volonté de la plupart des pays d’encourager un retour, à la normale, progressif des activités.

La reprise de l’économie mondiale est attendue en 2021 avec un taux de croissance de 5,4%.

Il convient, dès lors, de nous organiser de manière à saisir chaque opportunité qui sera offerte par la reprise des activités, de par le monde, pour débrider l’action d’investissement dans notre pays et raviver, dans le cœur de nos populations, le rêve et l’espoir.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Le Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Ali Bongo Ondimba a orienté l’action de mon Gouvernement autour de quatre (4) axes majeurs. Il s’agit de :

– la maitrise du risque sanitaire lié à la Covid-19 ; – la relance de notre économie ; – la bonne gouvernance de l’action publique ; – la préservation de notre modèle social de redistribution pour améliorer la qualité de vie des Gabonaises et des Gabonais, et consolider notre vivre ensemble.

Le Gabon peut être fier de la manière dont il a réagi face à ce phénomène sanitaire, notamment grâce à l’excellente qualité des plateaux techniques existants, à l’image du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL), du Centre Hospitalier Universitaire d’Owendo (CHUO), de l’Hôpital d’Instruction des Armées Omar Bongo Ondimba (HIAOBO) et de l’Hôpital d’Instruction des Armées d’Akanda (HIAA).

Toutes ces structures ont permis de mieux affronter la pandémie, par une prise en charge rapide.

La stratégie de riposte contre la Covid-19 doit être maintenue, sous réserve de l’évolution de la pandémie. C’est ainsi que nous parviendrons à maîtriser le risque sanitaire y afférent.

En conséquence, l’action de mon Gouvernement sera de poursuivre la mise en œuvre de la démarche actuelle, à savoir : « dépister – isoler – traiter », tout en maintenant les mesures barrières.

Aussi, l’action du Gouvernement sera-t-elle de maintenir une surveillance active de la pandémie, d’encourager les opérations de dépistage volontaire, de prendre en charge les cas positifs, de protéger les personnels soignants.

Dans ce contexte, je voudrais exprimer ma reconnaissance à ces derniers pour le travail abattu et leur engagement.

Cette reconnaissance, je l’exprime aussi aux Forces de Défense et de Sécurité.

Outre le maintien de la surveillance active de la pandémie, disais-je, le renforcement des plateaux techniques de nos structures sanitaires, notamment celles des régions sanitaires, sera effectué dans le but d’améliorer nos capacités de prise en charge.

L’ensemble de ces actions s’inscrit, en réalité, dans le cadre d’une action plus globale : celle de la poursuite de la réforme de notre système de santé que le Président de la République, Chef de l’État, appelle de tous ses vœux pour l’adapter aux exigences du moment.

La gestion de cette pandémie a démontré la pertinence des efforts d’investissement déployés ces dernières années, notamment ces derniers mois, avec la création récente des instruments performants comme le laboratoire Professeur Daniel Gahouma ou l’hôpital spécialisé Covid-19.

Le laboratoire Professeur Daniel Gahouma, véritable joyau doté d’une technologie de pointe et capable d’analyser jusqu’à 10 000 tests par jour, fait figure de référence en Afrique, en matière de capacités de dépistage à la Covid-19.

Il nous appartient maintenant de consolider ces structures par l’amélioration de leur gouvernance, le renforcement de la performance de l’accès et de l’offre de soins, tout en veillant à en optimiser la gestion budgétaire et financière.

Le renforcement des plateaux techniques des structures hospitalières, de deuxième et troisième niveaux, sera aussi une priorité inscrite dans le programme d’investissements du secteur de la santé pour la période 2020-2022.

Ce programme a pour but de transformer le visage des Centres Hospitaliers Régionaux, des hôpitaux départementaux, des centres médicaux, des centres de santé et des dispensaires.

La difficulté de l’offre de soins dans ces structures dites périphériques participe de l’engorgement des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU). Il faut en conséquence rendre plus opérationnelles ces structures afin de concentrer l’action des CHU sur la prise en charge des cas plus complexes.

Dans le même temps, notre système de santé doit pouvoir faire face à la survenue brutale de maladies émergentes et infectieuses comme c’est le cas, aujourd’hui, avec la pandémie de la Covid-19.

C’est pourquoi, l’ancien Hôpital Pédiatrique d’Owendo sera réhabilité et transformé en Institut des Maladies Infectieuses.

De même, neuf centres de diagnostics seront déployés dans toutes les provinces, d’ici le premier semestre 2021. L’objectif étant une meilleure prise en charge des patients et une réduction substantielle du coût des examens médicaux.

Donner une place de choix à la médecine préventive participe également de la stratégie d’amélioration de la performance du système de santé.

Des actions seront menées en faveur d’une meilleure couverture vaccinale, de la lutte contre le paludisme, le VIH Sida, la tuberculose et les autres maladies parasitaires.

Le coût élevé pour l’Etat de la prise en charge des maladies non transmissibles que sont le cancer, l’hypertension artérielle, le diabète et les autres maladies chroniques est une des raisons qui nous pousse à faire ce choix.

La crise sanitaire actuelle nous a interpellés sur l’urgence de renforcer également la recherche scientifique et médicale afin de répondre aux enjeux multisectoriels qu’elle induit.

A cet égard, nous disposons d’outils performants à l’image du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST), du Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF) et du Centre de Recherches Médicales de Lambaréné (CERMEL).

Nous allons travailler à les redéployer pour que ces structures s’imposent comme des outils de référence qui soutiennent et encouragent, au-delà de la santé, des projets de recherche porteurs.

La formation des personnels recevra également une attention particulière dans la réforme du système de santé.

L’ouverture d’une Ecole d’infirmières d’ici la fin de l’année 2020 contribuera à résorber le déficit en ressources humaines, observé dans les structures sanitaires du pays.

L’Ecole Provinciale de Formation et d’Action Sanitaire de Mouila sera réhabilitée.

La réforme de l’Université des Sciences de la Santé s’inscrira dans le même sens.

De même, les formations en ingénierie médicale seront mises en place dans les établissements technologiques du pays, à l’instar de l’École Polytechnique de Masuku, afin de permettre aux hôpitaux de disposer également de personnels capables d’assurer la maintenance de leurs équipements biomédicaux.

Rendre accessible et disponible le médicament dans tous les départements sanitaires, en plus de renforcer les dispositifs de contrôle dédiés, sont des objectifs que poursuivra la réforme du système de santé.

Aussi, la réforme de l’Office Pharmaceutique National (OPN) s’impose-t-elle.

Les enjeux sont de réduire, de manière globale, le coût du médicament de 30% par l’utilisation des médicaments génériques de qualité, d’une part, de réorganiser cette centrale d’achat et de redéfinir les missions et la place des pharmacies hospitalières dans le dispositif de l’offre de soins, d’autre part.

L’établissement de partenariats publics-privés avec des opérateurs spécialisés dans la gestion du médicament sera envisagé de manière à rendre opérationnelle cette réforme, d’ici la fin de l’année 2021.

L’Etat a investi dans la construction d’hôpitaux de référence. Le cadre juridique de gestion des structures hospitalières dans notre pays a été modernisé depuis 2017.

Des lois ont été prises en 2017.

Il s’agit de l’ordonnance du 27 février 2017 portant réforme hospitalière en République Gabonaise et celle du 23 février 2018 portant organisation et gouvernance des structures sanitaires en République Gabonaise.

A ces ordonnances, il faut ajouter le décret du 09 juillet 2018 fixant les statuts des centres hospitaliers universitaires.

Il faut en conséquence aller plus loin et plus fort. Car, cela favorisera encore davantage l’accès aux soins de tous nos compatriotes, en particulier les populations les plus vulnérables.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

La relance de l’économie est le second axe majeur de l’action de mon Gouvernement. Comme je l’ai rappelé, le Gabon, à l’instar des pays du monde, fera face, cette année, aux effets des mesures de confinement prises dans le monde.

Cette réalité nous oblige à tenir compte de ce que la croissance mondiale connaîtrait une baisse du Produit Intérieur Brut réel de 1,9% en 2020 pour s’établir à -4,9%.

L’Afrique subsaharienne connaîtrait aussi un recul important de sa croissance de 3,2%.

Au Gabon, la croissance économique a été de 3,9% en 2019 et initialement prévue à 3,8% en 2020. Ces performances sont dues à la réussite des réformes importantes que nous avons engagées, depuis plusieurs années, qui nous ont, fort heureusement, permis de mieux nous adapter à cette crise sanitaire, dont l’impact sur l’économie réelle nous donne une estimation de -0,8%.

La croissance mondiale devrait être de retour en 2021 et pourrait s’établir à 5,4%. En Afrique subsaharienne, elle serait de 3,4% et pour le Gabon, elle se situerait entre 2 et 3%. L’enjeu pour notre Gouvernement, au-delà de la forte contrainte budgétaire, est de faire repartir les activités économiques.

Pour cela, il nous faut accélérer l’exécution des projets en partenariat publics-privés, rendre lisible l’action de l’État en matière d’investissement public, poursuivre l’exécution des projets d’investissements en cours et restaurer la confiance des investisseurs en améliorant l’environnement des affaires.

Le Gouvernement compte accélérer l’exécution des projets en Partenariats publics-privés. La forte contrainte budgétaire nous oriente aujourd’hui vers la recherche et la promotion des financements innovants.

L’effet d’éviction exercé par les dépenses salariales et le règlement du service de la dette sur l’investissement public nous oriente vers cette voie.

Aussi, un certain nombre de projets en Partenariats Publics- Privés sont-ils en cours d’exécution. C’est le cas de la « Transgabonaise » qui mobilise, entre autres, des PME locales et favorise la création de près de 2000 emplois directs.

Dans le secteur de l’eau et de l’énergie, des projets de barrages hydroélectriques sont en cours de lancement, notamment le barrage de Kinguélé Aval d’ici la fin de l’année 2020, le barrage de Ngoulmendjim et celui de Dibwangui, tous les deux en 2021. Ces trois projets vont générer 2350 emplois et augmenter l’offre en électricité de plusieurs provinces.

Outre l’accroissement de l’offre en électricité, ces projets permettront aussi à notre pays de respecter ses engagements en matière de préservation de l’environnement.

Dans le même sens, avec le partenaire Gabon Special Economic Zone (GSEZ) INFRA, le Gouvernement poursuit la construction et la réhabilitation de près de 750 kilomètres de lignes électriques de moyenne et basse tension sur les axes Kango-Bifoun-Lambaréné- Fougamou-Mouila et Oyem-Bitam-Okok-Batouri.

Ce programme global de développement des infrastructures électriques aura un impact sur plus de 150 villages et 40.000 foyers.

Cette électrification participera aussi du développement économique de ces localités, à moyen et long termes, grâce à une capacité additionnelle de 17 Mégawatts.

Le rôle du Gouvernement sera de veiller à la bonne exécution et à la réalisation effective de ces projets.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

A côté des projets financés en Partenariats-Publics- Privés, il faut également stimuler l’investissement public. Mais, cela passe par notre capacité à rendre plus lisible notre action dans ce domaine.

Aussi, une programmation qui tient compte à la fois de notre capacité d’absorption, de nos capacités financières et des priorités de notre processus de développement, devient-elle une nécessité impérieuse.

De même, l’activation du dispositif dédié à la sélection, à l’étude et au choix des modes de financement des projets, ainsi qu’à celui destiné à la recherche des financements extérieurs, seront des facteurs déterminants de notre politique d’endettement.

En outre, l’exécution du programme d’investissements publics en cours va se poursuivre et couvrir de nombreux domaines, parmi lesquels les aménagements routiers et les infrastructures collectives.

La réalisation de ces projets s’inscrit dans le cadre de la remise à niveau des infrastructures de soutien à la croissance, tout en participant à l’amélioration des conditions de vie des populations.

La route demeure une préoccupation, de premier plan, pour les pouvoirs publics. C’est pour répondre à cette problématique, notamment celle des voies en dégradation très avancée, que le Gouvernement a engagé, entre autres, des travaux de réhabilitation des voiries urbaines du Grand Libreville, dans le cadre du programme d’urgence du Plan d’action prioritaire du Gouvernement (PAPG).

Sur ce registre, des programmes seront déroulés sur les deux prochaines années pour améliorer la qualité de notre réseau routier ainsi que la mobilité des personnes et des biens.

A ce sujet, Honorables Députés, le récent drame de Lambaréné nous rappelle la nécessité impérieuse d’accélérer la réhabilitation de toutes nos infrastructures.

Je saisis cette occasion pour présenter à nouveau les condoléances les plus sincères du Gouvernement et exprimer notre vive compassion aux familles durement éprouvées par ce drame.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

L’accès à l’électrification demeure une préoccupation majeure pour le Gouvernement, car elle inter-agit sur les populations.

Aussi, la mise en œuvre des projets d’électrification rurale en vue de résorber les disparités d’accès aux services d’électricité entre le milieu urbain et la zone rurale va-t- elle s’intensifier.

C’est le cas des projets d’extensions et de densification des réseaux électriques qui seront conduits, entre autres, dans les provinces de l’Estuaire, du Haut Ogooué, de la Ngounié et du Woleu-Ntem. Au total, 320 kilomètres de lignes moyenne et de basse tension sont prévus à cet effet. Les travaux seront lancés au cours du dernier trimestre de l’année.

 

Monsieur le Président, Honorables Députés,

L’accès à une eau potable pour tous, aussi bien en milieu urbain qu’en zone rurale, est une question vitale pour laquelle mon Gouvernement continuera à œuvrer pour chercher des solutions durables.

Au demeurant, des projets s’exécutent normalement pour résoudre la problématique du stress hydrique en milieu urbain et d’accès à l’eau potable en zone rurale.

Dans le domaine de l’hydraulique urbaine, la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) a mis en service huit forages réhabilités à Angondjé (nord de Libreville), qui dessert plus de 8000 habitants. Cette réalisation rentre dans le cadre d’un vaste projet d’adduction d’eau avec la livraison, en fin d’année 2020, d’une usine d’eau potable à proximité du lac CimGabon qui produira 36.000 m3 d’eau par jour et viendra réduire de 50% le déficit d’eau dans le Grand Libreville.

De même, l’intérieur du pays ne sera pas en reste avec des travaux similaires en cours à Mouila, Ndjolé, Mitzic et Booué qui viendront, eux aussi, impacter positivement le quotidien d’environ 65.000 habitants.

Dans le même ordre d’idées, le projet d’amélioration de la desserte en eau potable du Grand Libreville démarrera avant la fin de cette année. Les appels d’offres de ce grand projet ont été bouclés et les premiers contrats signés.

 

Ce vaste projet a pour ambition d’améliorer le rendement du réseau de distribution d’eau potable qui se situe à 52% pour le porter à 80%. Ainsi, il permettra précisément de :

– renouveler 149 kilomètres de canalisations vétustes du

réseau actuel ; – renforcer et d’étendre 131 kilomètres de réseau de

distribution en eau potable du Grand Libreville ; – réparer les fuites d’eau potable aussi bien dans les

bâtiments administratifs de l’État qu’à travers la ville ; – construire trois châteaux d’eau et de réhabiliter des

ouvrages de stockage d’eau potable existants ; – d’améliorer la gouvernance et de renforcer les capacités

des acteurs du secteur Eau et Assainissement.

Dans le domaine de l’hydraulique villageoise, notre priorité sera de poursuivre la mise en œuvre des mesures arrêtées par le Président de la République en août 2017, permettant de réaliser 925 pompes d’hydraulique villageoise.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

La problématique de l’habitat demeure un défi pour mon Gouvernement. En effet, comme nous le savons tous, les populations éprouvent d’énormes difficultés à accéder à la propriété.

 

C’est pourquoi, les bras séculiers de l’Etat, compétents en la matière, s’attèleront à améliorer notre visibilité afin de faciliter l’accès des populations aux terrains viabilisés et au logement.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

L’investissement est avant tout une question de confiance. C’est la traduction de la confiance en actes.

Le rétablissement de cette confiance passe par l’intensification du dialogue public-privé et l’accélération des réformes qui permettront d’améliorer notre classement au palmarès « Doing Business ».

L’objectif poursuivi est d’attirer le maximum d’investisseurs dans les secteurs à fort potentiel de croissance et de résilience économique. Il s’agit, entre autres, de l’agriculture, de la pêche, de la forêt, de l’industrie, du tourisme, des hydrocarbures, des mines et du numérique.

Il paraît évident que le Gabon doive développer, dans ces secteurs, des compétences distinctives qui seront à la base de son modèle de transformation.

En matière agricole, un soutien actif sera apporté à la production agricole locale afin, non seulement, de la faire participer aux efforts de relance, mais aussi, d’améliorer la sécurité alimentaire du pays.

 

A cet effet, l’Etat a réservé 50 000 ha de terres cadastrées dans des zones agricoles à forte productivité (ZAP), situées à proximité des voies d’évacuation, dans les localités d’Andem, de Kango, de Bifoun, d’Idemba et de Mboukou.

En ce qui concerne la pêche, cinq centres de débarquement de produits de pêche sont en cours de construction à Cocobeach, Franceville, Mouila, Makokou et Mayumba.

De plus, la mise en œuvre du projet de débarquement des produits de la pêche industrielle, par une restructuration du nouveau port d’Owendo afin qu’il devienne un hub pour la pêche thonière, s’inscrit aussi dans cette logique.

Dans le domaine de la forêt, la politique de transformation et de développement durable du secteur sera poursuivie, conformément aux Très Hautes Orientations du Président de la République. Et ce, dans le but de renforcer la contribution du secteur à la création de la richesse, en favorisant les deuxième et troisième transformations, ainsi que de nombreux emplois.

Par ailleurs, au regard du succès enregistré, ces dernières années, par la Zone économique de Nkok, notamment pour la transformation du bois au niveau local, deux nouvelles zones économiques spéciales seront mises en place à Lambaréné, pour le bois, et Franceville, pour l’agriculture et les plantations d’arbres dans le cadre de la politique de reboisement.

 

La rédaction

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