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À Makokou, la Libération se célèbre dans la ferveur et le mérite national

Makokou avait revêtu ses plus beaux habits. Ce 30 août 2026, la Place de l’Indépendance était noire de monde et baignée de couleurs. Drapeaux, uniformes, délégations et populations ont donné à la capitale de l’Ogooué-Ivindo les airs d’une grande fête nationale. Dans une atmosphère à la fois solennelle et festive, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a présidé la troisième édition de la Fête de la Libération. Une cérémonie où la mémoire du 30 août 2023 s’est mêlée à l’hommage, au mérite et à la fierté nationale.

Dès l’arrivée du président de la République, le cérémonial militaire s’est installé. Revue des troupes, levée des couleurs, hymne national et décorations. Les différentes composantes des forces de défense, de sécurité et des corps paramilitaires ont ensuite ouvert le défilé. Pendant près de cinq heures, les unités pédestres et motorisées ont rythmé la cérémonie sous les applaudissements d’un public venu nombreux.

Mais derrière la précision des mouvements et la solennité du protocole, c’est la mémoire d’un moment fondateur qui était au cœur de la journée. Le 30 août 2023 demeure associé au basculement politique qui a mis fin à plusieurs décennies de pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Trois ans plus tard, la célébration cherche à transformer cette rupture en récit national.

Cette volonté s’est particulièrement exprimée lors de la cérémonie de décoration. En sa qualité de Grand Maître de l’Ordre national de la Libération, Brice Clotaire Oligui Nguema a élevé plusieurs personnalités civiles et militaires aux grades de chevalier et de commandeur. La Nation a ainsi rendu hommage à des femmes et à des hommes distingués pour leur engagement et les services rendus au pays.

Le geste dépasse le simple protocole. Il inscrit le mérite au cœur de la commémoration. Honorer celles et ceux qui servent la Nation revient à rappeler que la Libération ne se limite pas à une date ou à une action militaire. Elle porte aussi une exigence de responsabilité, de dévouement et de service public.

La fête a également offert une image plurielle de Makokou. Aux côtés des forces en uniforme, les entreprises locales, les associations et les représentants des communautés étrangères installées dans la ville ont pris part au défilé. Dans les rues, cette diversité a donné à la cérémonie une dimension populaire et inclusive.

La présence du couple présidentiel a renforcé l’éclat de l’événement. À leurs côtés figuraient le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, plusieurs membres du gouvernement, les autorités locales ainsi que les responsables de la haute hiérarchie militaire.

Après Libreville et Tchibanga, Makokou accueille à son tour cette célébration. Le choix de la capitale de l’Ogooué-Ivindo donne une dimension territoriale à la Fête de la Libération. Il rappelle que l’histoire du 30 août 2023 ne se raconte pas uniquement depuis la capitale. Elle doit aussi s’inscrire dans les provinces, au plus près des populations.

Sur la Place de l’Indépendance, les couleurs nationales ont ainsi côtoyé les uniformes et les tenues de fête. Les applaudissements ont accompagné le passage des troupes. Les décorations ont consacré le mérite. Le défilé a donné corps à une volonté d’unité.

À Makokou, la troisième édition de la Fête de la Libération aura donc été davantage qu’un rendez-vous commémoratif. Elle aura cherché à fixer dans la mémoire collective les symboles d’un nouveau chapitre de l’histoire du Gabon. Reste désormais au temps et à l’action publique de donner à cette mémoire sa traduction la plus concrète : celle d’une Nation plus unie, plus juste et plus proche de ses citoyens.

Edouard Dure

 

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