Alain-Georges Moukoko : le nouveau visage du parquet général

À Port-Gentil, le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas seulement procédé à un mouvement de personnel. Il a redessiné une partie de la haute hiérarchie judiciaire. Parmi les décisions les plus significatives, la nomination d’Alain-Georges Moukoko à la tête du parquet général de Libreville illustre une volonté de placer des magistrats expérimentés à des postes où l’exigence professionnelle est déterminante.

Magistrat hors hiérarchie, Alain-Georges Moukoko prend la succession d’Eddy Narcisse Minang, dont la situation a été tranchée dans le cadre disciplinaire évoqué lors de cette session. Le CSM a confirmé la radiation de ce dernier du corps de la magistrature.

Ce changement dépasse le simple jeu des nominations. Il adresse un signal à l’ensemble de la magistrature.  L’exercice de la fonction judiciaire implique des exigences professionnelles, disciplinaires et éthiques. La décision concernant un magistrat rappelle ainsi que les responsabilités attachées à la fonction ne sont pas dissociables de la rigueur attendue.

En parallèle, la nomination d’un professionnel du droit à un poste stratégique souligne l’attention portée aux profils appelés à occuper des fonctions déterminantes dans l’organisation et le fonctionnement de la justice.

Le choix d’Alain-Georges Moukoko n’est donc pas anodin. Son parcours au sein de la magistrature, tout comme son accession au grade hors hiérarchie, constitue un élément important de son profil professionnel. Le communiqué du CSM le mentionne d’ailleurs parmi les magistrats concernés par l’accès à ce grade.

Son affectation à Libreville intervient ainsi dans une séquence où les nominations concernent plusieurs niveaux de l’appareil judiciaire. Cour de cassation, cours d’appel, tribunaux et parquets connaissent de nouvelles affectations. Le mouvement touche donc l’ensemble de la chaîne judiciaire, et pas uniquement le parquet général de la capitale.

Cette architecture donne une indication sur la portée de la session de Port-Gentil. Il ne s’agit pas seulement de pourvoir des postes vacants. Le CSM intervient sur les profils appelés à exercer des responsabilités judiciaires à différents échelons.

La désignation des magistrats prend d’autant plus de relief que le chef de l’État a rappelé, lors de cette session, plusieurs priorités, accès effectif au droit, traitement diligent des procédures, confiance dans l’institution et amélioration de l’encadrement de certaines pratiques judiciaires.

Dans ce contexte, la nomination d’Alain-Georges Moukoko place le nouveau procureur général devant une fonction qui dépasse la seule gestion administrative d’un parquet. Il devra contribuer, dans le cadre de ses compétences, au fonctionnement efficace de l’action publique dans le ressort de la Cour d’appel judiciaire de Libreville.

La magistrature se renouvelle. Les responsabilités changent de mains. Mais surtout, les fonctions les plus sensibles sont confiées à des professionnels dont le parcours doit répondre aux exigences attachées à leur charge.

Dans la magistrature, il ne saurait être question de religions, d’amitiés ou de liens de proximité. Il y a le droit, la loi et la justice, qui doivent s’appliquer à tous, aux citoyens comme aux hommes de loi. Car l’exigence d’impartialité ne se négocie pas, elle constitue le socle même de l’institution judiciaire.

Jean 1er

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