Ce 20 mai 2026, à Libreville, le président de la République, Brice Clotaire Oligui NGuéma a réuni les responsables des administrations impliquées dans la parafiscalité. Autour de la table, directeurs généraux, responsables financiers, Vice-Président du Gouvernement et membres du Gouvernement.
Au centre des échanges, un système contesté.
Trente-huit prélèvements. Douze autorités administratives. Jusqu’à quinze inspections par an pour un même commerçant et pour les mêmes produits. Chaque administration impose sa taxe. Chaque structure réclame son contrôle. L’opérateur économique paie plusieurs fois pour une même mission.
Les entreprises répercutent les coûts. Les prix augmentent. Le consommateur gabonais paie la facture.
Face à cette situation, le chef de l’État annonce une rupture. Le président parle de « racket institutionnel » pour qualifier un système qui pénalise les opérateurs économiques sans renforcer les caisses publiques.
Le message est sans ambiguïté. L’État veut reprendre le contrôle des recettes au travers une réforme qui repose sur quatre exigences.
Première exigence : la transparence. Toute taxe devra reposer sur un texte publié et inscrit dans la loi de finances. Les prélèvements illégaux seront suspendus.
Deuxième exigence : la centralisation des recettes. Le Trésor public devient l’unique collecteur des fonds publics. Les administrations conserveront leurs budgets prévus par la loi, mais les recettes ne passeront plus par leurs caisses.
Troisième exigence : la suppression des doublons. Le président fixe une organisation, une mission, un organisme, un certificat, un contrôle. Les administrations exerçant les mêmes missions devront être réorganisées.
Quatrième exigence : la création d’un service de coordination des contrôles. Les 1 166 agents assermentés seront intégrés dans ce dispositif sans perte de statut ni d’emploi. Les missions de contrôle sanitaire, de sécurité alimentaire et de protection économique restent maintenues.
Le président fixe un calendrier. Dans douze mois, il promet de rendre compte des sommes entrées dans les caisses de l’État. Dans vingt-quatre mois, un commerçant de Libreville, de Port-Gentil ou d’Oyem ne devra plus avoir qu’un interlocuteur, un contrôle et une quittance.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la Vᵉ République. Pour le pouvoir, la crédibilité du Gabon repose sur la gestion budgétaire, la transparence des recettes et la traçabilité des fonds publics.
Les partenaires internationaux observent. Les investisseurs aussi. À travers cette réforme, le chef de l’État veut restaurer le contrôle des finances publiques et rétablir la confiance des acteurs économiques.
Moins de taxes, moins de contrôles et moins d’intermédiaires peuvent aussi ouvrir la voie à plus d’investissement, plus d’activité et une baisse des coûts supportés par les consommateurs.
Le pouvoir engage sa crédibilité sur cette réforme. Le calendrier est fixé. Reste l’application des mesures annoncées.
Ethan De Sillon
